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Oublions un peu les roulettes et le bitume...
Si je reprends le clavier, c'est pour parler de ski de fond et plus précisément de la Transjurassienne (Transju pour les intimes!), style libre, soit skating pour tout le monde.

Ce que j'appelle la Tranju, c'est en fait presque une semaine entièrement consacrée au ski de fond dans le Jura:
La Transjeune
La MiniTrans 25 km
La Transju'Classic 50 km
La Transjurassienne 54 Km (libre, entre les Rousses et Mouthe)
La Transjurassienne 76 Km (libre, entre Lamoura et Mouthe)

Plus de 3700 participants, dont 2800 à la Transjurassienne libre

Après une tentative infructueuse l'année dernière par manque de neige, je me suis inscrit cette année pour la Tranjurassienne 54 km. Cette année, compte tenu d'un enneigement insuffisant, les Transju'Classic, les Transjurassienne 54 km et 76 km se sont courues sur le même parcours de 50 km entre les villages de Lamoura et Prémanon.

M'étant inscrit à la Tranju 54 km, je pensais que l'impact du changement était faible. Mais c'était sans compter sur un profil complètement différent : le dénivelé positif est passé de 450 m à 900 m!

Après avoir consciencieusement farté mes skis le jeudi soir chez moi, en tenant compte de la météo sur internet, j'ai rejoint samedi le collège des Rousses pour y passer la nuit. Ironie du sort, ce collège sport études possède une salle de fartage super équipée, que j'ai négligée en considérant que mon choix initial (fart +1°C/ -6°C) était correct avec le soleil qui était prévu pour le lendemain...ainsi que mon temps de parcours estimé.

Dimanche matin, levé à 5h00, pour un départ de la course à 9h40 car je pars en dernière ligne. J'ai du mal à comprendre pourquoi le bus qui nous emméne au départ devait partir à 6h15 des Rousses. On est resté au chaud plus d'une heure dans le bus avant le départ...

Température extérieure : -9°C, température de la neige : -10°C!

9h10, départ de l'élite, que je vais regarder, puis échauffement, histoire de ne prendre froid! Une demie heure d'attente et c'est mon départ avec les 800 participants de la dernière ligne.

Dès le départ, je me rends compte de mon erreur de fartage: mes skis ne glissent pas sur la neige trop froide...et tout le départ est dans l'ombre!
Pour faire un parallèle avec le roller, un fart trop « chaud » sur une neige froide, c'est comme rouler avec des roues ‘pluie’ en pleine canicule!
La première partie avant les premières côtes devait être rapide, mais je dois faire des efforts pour avancer lentement. J'essaye de viser les zones au soleil, mais elles sont peu nombreuses en ces heures matinales.

Le première montée dure plusieurs kilomètres : c'est l'ascension de la « forêt du Massacre ». C'est long mais j'atteins les 10 km en moins d'une heure. Une petite faim et je sors mon premier tube de gel nutritif dès le haut de la côte. Surprise! Avec le froid, le gel s'est durci et c'est presque impossible de le faire sortir du tube! Je rencontrerai ce problème à chaque tentative de ravitaillement perso.
Premier ravitaillement après 12,5 km : contrairement au roller, il faut s'arrêter pour se ravitailler, prendre du thé, des boissons énergétiques, du pain d'épices...
Ensuite nous restons sur une sorte de plateau, mais avec de nombreuses petites montées et descentes. Puis c'est une longue descente pour retrouver notre altitude de départ et atteindre les 25 km et le deuxième ravitaillement.

De la descente, me direz-vous, c'est de tout repos! Et bien, comme vous avez pu vous en douter, je ne suis pas dans les premiers! Et les 2000 concurrents qui sont passés avant moi ont consciencieusement gratté la piste, pour ne plus nous laisser que des talus de neige transformée sur chaque côté et au milieu. Entre les talus, il ne reste plus que de la glace! Alors avec nos skis sans carre métallique, soit on laisse aller et on prend de la vitesse, en utilisant les talus comme des virages relevés, soit on utilise la bonne vieille technique du chasse neige. Dans le premier cas, le risque est grand d'heurter un sapin ou un concurrent en chasse neige. Dans le second cas, on assure une descente pépére, mais au prix d'un échauffement rapide des cuisses...Etant de nature plutôt prudente, j'ai choisi cette seconde solution, qui va me « casser » les cuisses jusqu'à l'arrivée!

C'est donc après le deuxième ravitaillement que je vais commencer à sentir mes quadriceps se contracter de façon involontaire. Pour éviter les crampes, je suis obligé de m'arrêter régulièrement, boire beaucoup, et faire quelques étirements; un vrai plaisir!

A partir du 25ième km, les organisateurs ont eu la bonne idée d'indiquer la distance à restant parcourir à chaque km. Je commence donc le compte à rebours en me demandant dans quelle galère je me suis engangée et si je vais être capable de terminer. Entre le 25ième km et le 35ième km de course je me demande plusieurs fois si je ne ferai pas mieux de m'arrêter et de rejoindre directement l'arrivée. Le parcours est constitué d'une multitude de bosses et le moral est au plus bas, mais je continue en me disant que je n'ai pas fait tout ce voyage pour abandonner lâchement.

Les km passent...lentement. Je finis par atteindre le troisième ravitaillement au km 37. Je reprends du gatosport, du thé...je me refais une petite santé, mais j'oublie de faire remplir ma gourde. Le soleil donne, il reste encore une bonne montée et bien sûr un nombre incalculable de bosses.

Je repars, continuant mon compte à rebours. Dernière longue montée à 10 km de l'arrivée; j'y mets toute mon énergie et utilise les différents pas que je connais pour répartir la fatigue sur les 2 jambes : je passe ainsi du canard au canard glissant, puis du 2 temps gauche au 2 temps droit...et je recommence ! Quel soulagement en arrivant en haut de cette montée! Il sera de courte durée, car cette fois les crampes arrivent dans ls bras et les épaules! Et je n'ai plus rien à boire! Alors je skie à l'économie jusqu'à un point de secours où je mendie de l'eau. Les gars me passent de l'eau et du « carburant » en me disant qu'il ne reste plus que 7 km tout en descente...avec cependant quelques bosses! Toujours ces bosses! En fait dans les montées, j'arrive à gérer mon effort. Le pire ce sont les descentes car j'ai toujours aussi mal aux cuisses. Alors je maets au point une technique très esthétique : en chasse neige, les mains sur les genoux, les bâtons vers l'extérieur, je soulage les efforts dans les jambes!
La fin me paraît interminable, d'autant plus que j'ai l'impression que les organisateurs ont fait plein de détours pour nous rendre au village d'arrivée. Des concurrents qui ont terminé et qui rentrent à ski en faisant le parcours dans l'autre sens (!) m'encouragent. Des spectateurs m'encouragent également tout en me faisant remarquer qu'ils ont eu la patience d'attendre!

Dernier km, un virage à gauche et nouvelle bosse devant moi : un spectateur a du voir mon air hagard et me rassure en me disant que cette fois-ci c'est vraiment la dernière! Arrivée en haut de la côte, j'aperçois l'arrivée, tout en bas, après un schuss bien verglacé. Comme la piste est large et qu'il reste quelques spectateurs, j'oublie le chasse neige et je descends tout droit! Ceci me permet en plus de rattraper quelques concurrents plus prudents! On a les satisfactions que l'on peut.

Ca y est, l'arrivée me tend les bras ! Quel soulagement ! Je suis tellement fatigué que j'en ai les larmes au yeux!.

Je rejoins comme un zombie les vestiaires et je m'assoie sur un banc, avec la satisfaction de l'objectif atteint. Et tout doucement, les forces reviennent. Je n'ai pas très faim, mais j'accepte volontiers le repas proposé par l'organisation.

Et j'ai la joie de partager un panaché avec mon ami Suisse Jean Claude venu spécialement de Lausanne pour m'encourager!

Mais la referai-je l'année prochaine ?

La question est ouverte... et je réfléchis aux améliorations à apporter à ma préparation, manifestement insuffisante cette année!

14-02-2008 22:34 Philippe LALUC
Cet article a été publé le 14-02-2008 22:34. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Cet article a été favorisé Aucun fois. Vous pouvez laisser un commentaire. Dernière mise à jour 14-02-2008 22:38
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Posté par Serge
18-02-2008 11:17, , Membre
 
Félicitations
Ah le ski de fond dans le Jura cela me ramene quelques années en arrière (au moins 25 ans) 
Je comprend comment tu a dut en baver, surtout avec un mauvais fartage. 
C'est vrai que c'est une magnifique région pour le ski de fond et la forêt du Massacre est splendide quand on s'y promène. Mais en course cela doit être bien différents, avec ces montées interminables, ces petites bosses à répétition et pour finir les longues descentes. 
Encore bravo et je pense que comme pour la OneEleven, l'année prochaine tu la referas cette Transju.
 
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