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GOLFE ROLLER TOUR 2007 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-06-2007 21:30 PICOULEAU Sébastien

Bonsoir,

 

Ci dessous le premier volet de mon aventure sur les routes du Morbihan.

 

La suite d'ici peu

 

Bonne soirée

 

Sébastien 

 

 

 

 

 

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Le Goelo Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-05-2007 23:17 Web Master

Le Goelo


Histoire de donner ma version.........

Cet hiver je n'ai fait qu'un petit de pub pour une course, il est vrai dure mais tellement jolie!! Le paysage est formidable, il est vraiment dommage de ne pas la faire.

Si on rappelle que l'année passée les pros ont fait leur course juste après nous, je vous laisse imaginer le bonheur de les voir passer 16 fois (et oui eux font 16 tours), d'admirer les jeux de jambes, les tactiques, les relances dans les cotes......

Bref que du bonheur au Goelo

Mais cette année, perso je n'étais absolument pas motivée. Tous les derniers entrainements, quand il y avait entrainement, se faisaient contre des vents usants, le froid est revenu, bref.... beurk le roller.

Mais ma coéquipière s'étant inscrite et le coach ayant proposé de faire taxi, je ne pouvais pas m'éclipser.....(j'ai pourtant penser à une multitude d'excuses du genre Zoé fait ses dents, j'ai mal au pied,.....)

Et voila le départ de la course et l'envie (ou la gniak) qui revient. Le départ se fait en même temps que les garçons et donc il y a plein de pelotons potentiels à attraper ! Faut pas laisser passer l'affaire! La piste est plutôt étroite et on se retrouve des dizaines à essayer de trouver sa place. C’est un fabuleux slalom. Les patins s’entrechoquent. Les filles qu’on avait repérées avant le départ sont justes devant et tout à fait rattrapables….. faut pas trainer. Bon c’est vrai que l’ambiance course me donne parfois des ailes.

Problème : ce n’est pas le même scénario pour Caro qui à la fin du premier tour m’annonce qu’elle est en apnée alors que moi je suis plutôt bien.

Je jure que j’ai tout fait pour rester avec elle. Après tout c’est un peu à cause de moi qu’elle est là ! Je ne vais pas l’abandonner !!

Résultat 1 : Alors qu’on avait attrapé un peloton féminin plutôt intéressant elle a disparu. J’ai donc du terminer sans elle ! Mais pas seule. Au contraire. J’avais trouvé 2 « Catherine » de Nantes et Grenoble avec qui le peloton a très bien fonctionné

Résultat 2 : Bien que je n’ai pas couru avec ma coéquipière habituelle j’suis vraiment contente de ma course ! 25.41km/h c’est plutôt pas mal je trouve.

Et le mieux, c’es le soir quand on passe sous la douche d’une chambre d’hôtes à la décoration digne de Marie Claire Maison. Les douleurs s’estompent. On repense à l’aventure, on raconte les cotes, les encouragements. Les Bretons sont forts en organisation, alors le soir nous avions des crêpes « grosses saucisses, purée de pomme/oignon ». Un vrai délice. On les mange en regardant le FestNoz. On a bien envie d’aller danser mais les jambes ne répondent plus….. Et on pense aux pros qui vont courir demain. La météo s’annonce dégueulasse, les pauvres. Nous on rentrera, on les admirera sur les photos.

Bref une belle course, un bon WE. Mais ne vous inquiéter pas j’vais rapidement commencer à faire de la pub pour que l’année prochaine il y ai plus de Z4 au goelo…. Vous ne le regretterez pas

J’attends la course où l’on sera toutes les 2 formes…… parce que ce jour là, ça devrait faire mal.

Une petite pensée pour nos acolytes de l’année passée : ils n’ont pas raboté les cotes !!!!

Perrine Damour, le 30/05/2007. 


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Un rêve de 20 ans Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-05-2007 08:55 Web Master

Un rêve de 20 ans

raid 2007 208

Nucourt et Wenings sont jumelés et vivent une véritable amitié depuis plus de 40 ans. Tous les deux ans une équipe composées d’Allemands et de Français se lance sur les routes des deux pays pour un raid cycliste d’environ 700 km (distance qui sépare nos deux villages). Je rêvais de le faire depuis le premier et cette année pour le 20ème anniversaire je suis enfin libre de partir.

Préparé depuis plusieurs mois, notre périple nous emmènera sur les routes bretonnes et normandes en 6 jours.

Nous nous retrouvons donc dimanche 13 mai à Trébeurden avec vélos et bagages pour le départ lundi. Nous sommes 17 en tout : 8 Allemands et 9 Français et 3 véhicules d’accompagnement, 3 cyclistes nous rejoindrons en fin de semaine, pour des raisons personnelles ils ne peuvent faire tout le parcours.

 

Lundi : Trébeurden / Saint Brieuc

C’est mon premier raid et je stresse un peu mais le moral est bon malgré la pluie fine au moment du départ, heureusement cela ne dure pas mais le ciel reste gris. Nous longeons le littoral ; la Côte de granit rose est très belle même sans le soleil. Nous rendons une petite visite un couple d’ancien Nucourtois qui avait participé au jumelage ; Tant pour les Français que pour les Allemands il y a un réel plaisir à se retrouver. Parcours assez vallonné mais ça passe bien. Nous passons au Goëlo, j’ai une pensée pour les copains qui seront là dans quelques jours avec leurs rollers ; puis c’est l’arrivée à Saint Brieuc après 137 km sur la selle (oui, oui c’est ce qui fait le plus mal).

 

Mardi : Saint Brieuc / Saint Malo

Prévisions météo exécrables, même scénario qu’hier au départ. Visite à l’Abbaye de Beauport, à Fort Lalatte, au Cap Frehel et à Saint Cast. A Erqui nous attendons un véhicule qui s’est perdu. La côte est belle mais le parcours est une succession de montées et de descentes, dur ! dur ! En chemin nous rencontrons une jeune Canadienne qui visite l’Europe de l’ouest en… vélo, elle va jusqu'à Saint Malo et fera route avec nous. Lors d’un arrêt à Matignon (oui, oui c’est vrai) nous sommes contacté par une journaliste de Ouest-France qui veut faire un article sur notre épopée (arrivé à Nucourt nous aurons cette article). A 30 km de l’arrivée la pluie se met a tomber, de plus j’ai perdu le groupe, mais j’ai encore la voiture d’accompagnement pour moi tout seul. Il pleut de plus en plus froid. Je suis trempé mais je ne veux pas arrêter. Nous nous retrouvons à Dinard, encore quelques kilomètres et nous arrivons à Saint Malo ; Hélas pour nous le pont est ouvert pour le passage d’un cargo qui sort du port. Nous attendons trempés dans la pluie et le vent passionné par le spectacle de ce navire manœuvré par 2 remorqueurs. 135 km assez pénible a cause de la pluie, des côtes, du mal aux fesses etc. Après le réconfort d’une douche et avant de dîner nous faisons le tour des remparts. Rébecca, mais oui notre canadienne, est avec nous, nous avons décidé, a l’unanimité, de lui offrir le repas et la nuit à l’hôtel, cela la change de … sa tente de camping (j’ai failli dire canadienne). Ce soir c’est l’anniversaire de Hartmut et il soufflera ses bougies au milieu des chants et des rires.

 

Mercredi : Saint Malo / Mont Saint Michel

Le temps restera sec toute la journée mais couvert avec quelques éclaircies et, comme depuis lundi, le fort vent d’ouest, donc dans notre dos, nous pousse ; C’est le point positif de cette météo douteuse. Passage à la Pointe du Groin et à Cancale pour une dégustation d’huîtres, nos amis Allemand goûtent, après hésitation, et apprécient. La parcours est assez vallonné jusque à Cancale ensuite c’est tout plat. A midi nous faisons un détour par Dol de Bretagne, nous sommes invité par la belle-mère de Alain, pour un repas typique de galettes (faites devant nous), saucisses, cidres et far breton dans une ambiance des plus joyeuses. L’après midi nous perdons le groupe de tête, qui fera plusieurs km supplémentaires avant de nous rejoindre peu avant l’hôtel. L’étape était courte : 82 km et nous avons du temps pour aller visiter le Mont d’abord de jour puis de nuit. Visiter ce site après quelques centaines de kilomètres …dur, dur.

 

Jeudi : Mont Saint Michel / La Ferté Macé

Le temps est gris, l’étape étant courte, 92 km prévu, le départ est retardé à 9 heure 30. Nous partons vers le Mont en vélo pour faire une photo, mais hélas il reste désespérément caché par un épais brouillard. Au moment de revenir ce dernier se transforme en crachin qui nous trempe jusqu’au os, heureusement le vent est toujours derrière nous. A midi petit miracle (non la pluie ne s’est pas arrêter) nous trouvons un préau bien abrité du vent et de la pluie avec vue sur un lac où évolue un couple de cygne, c’est fantastique ! le pique nique avec champagne (allemand) et kouing amann se passe au sec. Dans l’après midi la pluie cesse enfin et nous ferons les derniers kilomètres sur route sèche. Nous avons fait 112 km. Après la douche nous allons visiter Bagnoles de l’Orne et nous retrouver devant un verre de bière à la santé de Reinold (un Allemand qui a participé plusieurs fois). Le soir nos amis allemand offrent à chacun un T shirt avec une photo du groupe puis nous regardons un photo reportage du dernier raid. Cette étape sans grande difficulté a été assez pénible à cause de la pluie, mais le bain chaud semble avoir remis de l’ordre dans mes muscles mais pas dans ma gorge qui me pique.

 

Vendredi : La Ferté Macé / Evreux

Etape la plus longue prévue, donc un peu de stress au départ. Depuis hier cet entraînement porte ses fruits et ce matin je n’ai presque plus mal nul part. Il ne pleut pas, mais il y a du brouillard ; serait-ce un signe de beau temps ? Visite au château de Carouges : il est encore fermé, nous faisons quelques photos et repartons. Le terrain est un peu vallonné au début puis presque plat. Alors que nous roulons le peloton de tête fait une rencontre inattendue : un essaim d’abeilles, résultat le moitié du groupe se retrouve avec une ou deux piqûres, principalement à la tête, sous le casque. Pique-nique à Moulin la Marche avec quelques gouttes d’eau puis (presque) le soleil pour repartir. Dans l’après midi nous décidons un arrêt pour nous relaxer dans cette longue étape ; C’est à Damville sous le superbe kiosque à musique un bar a installé quelques tables et chaises. Nous nous installons et commandons et surprise en même temps que nos consommations on nous apporte des assiettes de petits canapés au jambon et des petites saucisses. Le patron du bar a vécu en Allemagne et est passionné de cyclisme. Soudain un inconnu nous aborde : c’est un journaliste locale que notre périple intéresse pour son journal, nous ferons une photo devant le bar (un peu de publicité, c’est bien normal). Il est curieux que nous ayons été contacté durant ce raid par 2 journalistes alors que cela ne s’était jamais produit en 20 ans. Arrivée à Evreux sous le soleil (enfin), la route a été longue, 158 km, mais tout va bien, j’ai eu du plaisir a rouler aujourd’hui. Le soir plusieurs personnes, dont les trois cyclistes, nous ont rejoint . C’est notre dernière soirée ensemble et nous sommes par table ronde de 8 personnes, au milieu du repas nous éprouvons le besoin d’être ensemble et nous nous regroupons autour d’une même table. Nous finirons le repas au milieu des rires et des chants, en français et en allemand, tassés autour d’une table devenue trop petite, c’est la fête avec une pointe de nostalgie.

 

Samedi : Evreux / Nucourt

Dernière étape, là pas trop de surprise nous connaissons le relief et les quelques belles côtes en perspective. Le temps est légèrement couvert mais très vite le soleil se lève. Ce matin c’est la forme pas de stress juste un peu d’inquiétude : la crevaison , la chute etc. La montée au Château Gaillard au Andelys ne me pose (presque) pas de problème, vite oubliée tant la vue est magnifique. Le pique-nique de midi est à la Roche Guillon sur les bord de la Seine ; Nous sommes en avance et nous prenons le temps de la « bronzette » et dégustons calmement notre schnaps. Nous repartons pour les 40 derniers kilomètres en passant par Vetheuil, Villarceau, le moulin de Fourges et Magny en Vexin. Nous nous arrêtons le temps d’enfiler la « tenue réglementaire » et c’est la montée vers Nucourt, point final de notre périple. Aujourd’hui 110 km. Nous avons donc parcouru 734 km depuis lundi. Je suis fatigué, j’ai les muscles endoloris mais je suis heureux, j’ai réussi mon challenge, le roller mène à tous même à ça. Le soir c’est la fête et je trouverais encore assez d’énergie pour danser. Demain c’est le départ de nos compagnons allemand. Dans deux ans se sera en Allemagne, j’y serai …

 

Jean-Victor Risetto, le 22 mai 2007.

 


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Pensées du Quebec Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
13-10-2006 21:00 Françoise KNAP

Je suis très loin de vous tous, mais je pense à vous (surtout quand je suis sur mes rollers), pistes cyclabes super, automne aux couleurs merveilleuses, tout plus beau que dans les livres. Maintenant que vous allez dormir, moi je vais "magasiner" à Montréal, et aujourd'hui j'ai quitté mes "gougounes"... il gelait ce matin

Bises du Québec. 

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La One Eleven 2006 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-09-2006 10:57 Philippe LALUC

Edition N°16

La One Eleven 2006 (20 août 2006)


Finalement, nous partons à 6 faire la one-eleven : 4 Zone 4 (Robert, Dominique, Christine et Philippe) et 2 assimilés, Philippe Dalmas et Georges Chauveau. La moitié de l'équipe Zone 4 Vermeille du Mans a donc répondu présent à l'appel! Courageusement Christine a relevé le défi.


Après de multiples tergiversations, les locations de voiture étant trop chères ou trop incertaines, nous partons avec 2 véhicules perso.
Samedi 6h15 pétantes, je sors de mon parking souterrain pour me retrouver face aux voitures de Christine et Robert. Cela commence bien, nous sonnes dans les temps!
Ensuite direction Neuilly Plaisance où nous arrivons vers 7h00, conformément à la programmation GPS de Robert. C'est tout juste si nous ne réveillons pas Georges! Enfin non, car Philippe l'a déjà fait. A force d'utiliser les toilettes et de s'extasier devant le vieux téléphone de Georges, nous avons bien sûr réveillé toute la maison. Deuxième départ donc vers 7h30, direction St Gall.
La voiture de tête, et qui le restera pratiquement tout le temps, est pilotée par Robert, assisté de deux supporters, Christine et Georges. La voiture balais est conduite à tour de rôle par Dominique et les deux Philippe.

Robert a mis le turbo et je peine à le suivre sur l'autoroute. Il faut dire que j'ai réglé le régulateur de vitesse à 130 km/h. Je connais encore mal mon Robert!
Heureusement, il y a les téléphones portables pour organiser les arrêts pipi et restauration. Le premier rendez-vous est d'ailleurs plutôt raté : on s'est mis d'accord sur la station, mais pas le lieu : pendant que les voyageurs de la 206 nous attendent à la station service, nous nous dirigeons, conformément à mes habitudes, vers le resto. Bon nouvel appel et on finit par prendre le café et le reste ensemble.

Malgré mes différents rappels, l'arrêt de midi a lieu à 13 heures. Nos rallymen- women n'ont pas l'air de savoir ce que c'est que la faim... et la nécessité de remplir les muscles de glycogène. Enfin, après quelques hésitations, späztli pour tout le monde. Il faut dire que nous nous sommes arrêtés au Relais Alsacien!

Après une traversée agréable de Bâle (au moins 15 mn en embouteillage dans un tunnel), nous roulons en Suisse, le pare-brise décoré d'un joli autocollant nous autorisant à circuler sur les autoroutes suisses jusqu'au 31 décembre 2006, mais j'espère bien avoir fini la One Eleven d'ici là !
Une fois encore, le GPS de Robert fonctionne à merveille et nous amène au hall des sports-inscriptions-point de vente-restaurant-dortoir-départ-arrivée-(douche) de la One Eleven.
En vieux briscard Robert nous emmène au fond du dortoir, où c'est le plus calme.

Après notre pasta partie, petite promenade dans les rues calmes de St Gall: c'est manifestement la fête de la bière. Nous résistons tant bien que mal aux effluves de saucisses grillées (bratwurst, pour faire local), bière... ainsi qu'aux jeunes élégantes suisses : les avis sont partagés...

Retour sage donc à nos paillasses. A chacun sa méthode pour dormir : boules quiès, aspirine, tête sous l'oreiller...J'entends soudain une sonorité connue : mon portable, que j'ai oublié d'arrêter. J'ai un peu de mal à le retrouver. Il est bien entendu au fond de la pochette, elle même au fond du sac à course (les sacs qui remplacent ceux en polyéthylène et vendus pour 0,15 Euros). Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué comme ils crissent agréablement à l'oreille! Dans un grand dortoir, c'est magnifique ! Bref je récupère mon portable qui a eu le temps d'atteindre la boîte vocale et avant que je l'arrête, signal de réception d'un SMS...d'encouragement pour la course. Merci Boris!

Tant bien que mal le sommeil nous rattrape... et bien vite le réveil aussi. "Debout" à 5 heures pour poursuivre, pour ceux qui le souhaitent, la pasta partie. Tout compte fait je préfère un quart de mon gatosport et quelques céréales. On va avoir besoin de sucres lents !
Le jour commence à se lever, ce qui nous permet d'admirer le temps qui nous attend : bien gris, sol mouillé. A priori la canicule est bel et bien terminée, en Suisse aussi. Ceux qui craignaient la chaleur peuvent être rassurés. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on va vider le tube de crème solaire. Il va plutôt falloir utiliser les pneus pluie.

Allez, il est temps de bichonner la machine. Chacun sa méthode pour les pieds : cela va de la chevillère renforcée, en passant par l'élastoplaste, les compeed, la seconde peau, et j'en oublie certainement. Pour le reste, les odeurs de pommade emplissent le dortoir.

6h45, (très) petit échauffement : plus pour ne pas avoir froid que pour préparer les muscles. De toute façon, on a prévu de partir plutôt "lentement". Mais, pas d'impasse sur les étirements.

6h59'45", le speaker annonce départ dans 15 secondes et commence le compte à rebours. L'horlogerie suisse a encore frappé!

7h00'00" coup de pistolet, et ça part ! Plus vite que ce que je pensais! Il faut dire que les premiers 500m sont en descente. J'aurai peut-être du m'échauffer plus!

On a décidé de partir tous les 4 (Georges, Robert, Philippe D et moi). Il y du monde, cela se bouscule un peu, mais j'arrive à suivre Robert et Georges. On a déjà perdu Ph D, mais il nous rattrapera plus tard. Cela roule vite et ça glisse. L'eau sur le marquage au sol, un vrai plaisir! Mais il ne faut pas traîner, et il faut faire attention : les pelotons sont importants. Avec un peu de chance, nous évitons deux grosses chutes: j'applique avec soin une des premières règles du roulage en peloton  : regarder plusieurs coureurs en avant. Ainsi cela permet d'anticiper les mouvements suspects. On arrive ainsi rapidement au 26 ième km, avec sa descente dangereuse. Elle est couverte sur la moitié de sa largeur d'une belle moquette verte du plus bel effet. La route étant mouillée, on choisit la moquette. Cela ralentit bien. On peut même freiner la-dessus! En freinant en T, on sent l'eau qui sort de la moquette et celle-ci glisser sur la route. Une expérience enrichissante!

Tiens, 30 km, premier ravitaillement. Au menu banane, barre de céréales, eau, Rivella, et un truc qui ressemble à du cidre. J'en prendrai une fois, pas terrible ! Parfois un garçon de café nous accompagne pendant quelques mètres avec un plateau pour que nous puissions faire notre marché. C'est toujours globalement descendant, et l'allure ne ralentit pas, loin de là ! Avec Georges et Robert on se faufile au sein de différents groupes. Une petite douleur à la fesse gauche : mon nerf sciatique semble vouloir protester, mais il se taira heureusement bien vite. Déjà des points de frottement aux pieds, malgré les protections. Ces bobos là m'accompagneront jusqu'à la fin !

Les bornes kilométriques défilent, les pancartes indiquant les dizaines de km défilent également, mais curieusement moins rapidement.

40 km, on approche de la distance d'un marathon : on roule toujours vite.

50 km, tiens c'est la première fois que je roule aussi longtemps sans m'arrêter. Les jambes tiennent le coup. Je me sens en forme et j'avale les petites montées sans problème, apparemment mieux même que mes compagnons de sortie. Philippe D nous a rejoint.

55 km. Robert me fait signe qu'il a des difficultés et commence à décrocher. Nous revenons deux fois sur notre groupe. Dans une montée, il me demande de partir, ce que je fais avec regret. Je me lance à la poursuite du groupe emmené par Georges. Après quelques kilomètres je les rejoins, mais Georges en a profité pour prendre le large. Nous roulons Philippe et moi pendant plusieurs kilomètres, puis nous nous faisons rattraper par un groupe de 5 ou 6 personnes. En fait je vais rouler avec eux pendant une quarantaine de kilomètres. Philippe D n'a pas accroché le groupe.

Vers le 60ième km je croise Christine qui est déjà sur le retour.
On approche le point de retour, situé à environ 65 km. J'ai beaucoup bu depuis le début de la course : non seulement une partie de ma propre gourde, contenant un mélange de sucres lents et rapides, mais aussi les boissons proposées par l'organisation tous les 7 ou 8 km depuis le km 28. Bref je commence à avoir envie d'uriner. Ceci me pause un gros problème : soit je m'arrête et je perds le groupe qui roule bien et dans lequel je me sens à l'aise et souvent à l'abri, soit je continue mais avec un gêne...certaine. Dans le premier cas je doute que je puisse revenir dans le groupe. Cette alternative va me hanter pendant un vingtaine de kilomètres. Je finirai par choisir une troisième solution. Je me laisse glisser à la fin du peloton, vérifie que les poursuivants ne sont pas trop près et ...je vous laisse deviner la suite !

Mais revenons à la course. Vers le km 70, il met à pleuvoir. Au point où on en est, on ne va pas s'arrêter pour si peu !
Le groupe a ralenti son allure, mais partir seul devant ne me paraît pas raisonnable; je monte et descend plus vite qu'eux, mais sur le plat, ils me rattrapent. Alors je reste dans le groupe.

Km 80; tiens une douleur à la cuisse droite! C'est une vieille connaissance qui date de mon adolescence : un claquage, résultat d'entraînement de sprints à une époque où les étirements
 n'avaient pas atteint les clubs d'athlétisme de province. Cela faisait au moins trente ans que je ne l'avais pas ressenti! Finalement, la douleur disparaîtra comme elle est venue, sans crier gare.

Km 90. Plus que 21 km, soit la distance de notre dernier téléthon. Je commence à être certain de finir. Nous nous faisons rattraper par un groupe. Pas d'hésitation, je m'y intègre. C'est plus rapide je dois faire quelques efforts, mais cela finit par aller. La route continue à monter, mais pas trop fort. Tiens un panneau indicateur St Gall 15 km. Je me méfie un peu car je me doute bien qu'on ne va pas prendre le chemin le plus court!

On continue à rouler, on traverse des villages en fête, mais toujours pas de panneau 100 km... Le temps passe, je commence à me dire que je vais dépasser les 5 heures. Que ces 10 km paraissent longs; je n'en vois pas la fin. Puis tout à coup, sur la droite, un panneau jaune "Noch 5 km" !
Waouh! Plus que 5 km ! Je n'ai pas vu le panneau 100 km! Les germanophones constateront que ma traduction est toute personnelle (pour les autres, noch signifie 'encore' ! ). Ce panneau m'a complètement électrisé. Je suis sûr maintenant de terminer. 5 km, en montée, c'est comme Cergy Préfecture-Cergy le Haut! Ca baigne, je suis en terrain de connaissance !

Ces 5 derniers km, je ne les ai pas sentis! Le revêtement était bon, bien qu'un peu glissant. Si je ne m'étais pas retenu, je serai parti à fond. Mais je suis sagement resté dans le groupe. On remonte encore quelques concurrents. On en dépasse un allongé par terre, immobile. J'hésite, mais n'étant pas secouriste, ma présence ne servirait à rien.

1 km. On a tous accéléré; c'est presque plat !

0,5 km. Toujours vite! Sur les derniers 100 m, on est 3 ou 4 de front, puis c'est l'arrivée ! J'entends mon nom en passant la ligne ! Un vrai plaisir! Je mets quelques temps à m'arrêter et je rejoins Christine, Georges et Dominique déjà arrivés.
Il fait froid, on va se mettre à l'abri. Vite une chaise et je retire mes patins. Un moment de pur plaisir!
Philippe arrive. Il a souffert des adducteurs, ce qui l'a empêché de rouler correctement pendant les 40 derniers km. On commence à démonter les rollers, mais Robert n'est pas encore arrivé. On commence à s'inquiéter, puis Robert arrive : il a eu un coup de barre vers le km 60 et il a roulé  pratiquement tout seul tout le temps.
On peut commencer sérieusement à nettoyer les roulements: c'est lui qui avait le produit miracle !
Ensuite, on nettoie tranquillement les rollers, Philippe D prend sa douche, mais ce sera le seul à avoir le courage d'affronter le Karcher dehors sous la tente.

Tout à notre satisfaction d'avoir terminé, nous avons égoïstement ignoré la remise des prix. Mal nous en a pris : Christine finit 5 ième de sa catégorie, et les 5 premières avaient droit au podium !
Le mal est partiellement réparé: elle repart avec ... une montre suisse!

Compte tenu des calories dépensées (environ 5000 kcal) on n'hésite pas : une pizza avant de partir!
Puis c'est le départ. Robert roule sagement derrière en Suisse. On essaie de le semer en  prenant au dernier moment une sortie vers l'Allemagne pour éviter Bâle. Mais notre Gordiniste s'accroche!
Le crochet par l'Allemagne est à recommander : il évite les bouchons de Bâle, tout en augmentant à peine la distance. Et cela permet de rouler à fond sur l'autoroute allemande... souvent limitée à 110 km/h et même 10 km/h... à cause de travaux!

Dès la frontière passée, nous reprenons nos habitudes : Robert devant...

Petit arrêt avant d'atteindre la A6 pour se restaurer. Des compétiteurs de la banlieue nous rejoignent lorsque nous avons terminé.
Dernier arrêt avant le péage de la A6 : une voiture vers l'est de Paris, avec Robert, Georges et Philippe D, l'autre directement vers Argenteuil et Sartrouville, où nous arrivons sans encombre vers 23h30.

En bref, un week end inoubliable, dans une excellente ambiance, même si nous avons terminé séparément. Pour ma part, j'ai été surpris par la "facilité" avec laquelle mon corps a supporté l'épreuve : jamais dans le rouge, pas de coup de barre. Je finis les jambes lourdes, bien sûr, mais pas de crampe, pas mal dans le dos (mais ce sera le lendemain!). Une seule blessure à un pied, et les malléoles en bon état !

Philippe Laluc
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