Cet hiver je n'ai fait qu'un petit de
pub pour une course, il est vrai dure mais tellement jolie!! Le
paysage est formidable, il est vraiment dommage de ne pas la faire.
Si on rappelle que l'année
passée les pros ont fait leur course juste après nous,
je vous laisse imaginer le bonheur de les voir passer 16 fois (et oui
eux font 16 tours), d'admirer les jeux de jambes, les tactiques, les
relances dans les cotes......
Bref que du bonheur au Goelo
Mais cette année, perso je
n'étais absolument pas motivée. Tous les derniers
entrainements, quand il y avait entrainement, se faisaient contre des
vents usants, le froid est revenu, bref.... beurk le roller.
Mais ma coéquipière
s'étant inscrite et le coach ayant proposé de faire
taxi, je ne pouvais pas m'éclipser.....(j'ai pourtant penser à
une multitude d'excuses du genre Zoé fait ses dents, j'ai mal
au pied,.....)
Et voila le départ de la course
et l'envie (ou la gniak) qui revient. Le départ se fait en
même temps que les garçons et donc il y a plein de
pelotons potentiels à attraper ! Faut pas laisser passer
l'affaire! La piste est plutôt étroite et on se retrouve
des dizaines à essayer de trouver sa place. C’est un
fabuleux slalom. Les patins s’entrechoquent. Les filles qu’on
avait repérées avant le départ sont justes
devant et tout à fait rattrapables….. faut pas trainer. Bon
c’est vrai que l’ambiance course me donne parfois des ailes.
Problème : ce n’est pas
le même scénario pour Caro qui à la fin du
premier tour m’annonce qu’elle est en apnée alors que moi
je suis plutôt bien.
Je jure que j’ai tout fait pour
rester avec elle. Après tout c’est un peu à cause de
moi qu’elle est là ! Je ne vais pas l’abandonner !!
Résultat 1 : Alors qu’on
avait attrapé un peloton féminin plutôt
intéressant elle a disparu. J’ai donc du terminer sans
elle ! Mais pas seule. Au contraire. J’avais trouvé 2
« Catherine » de Nantes et Grenoble avec qui le
peloton a très bien fonctionné
Résultat 2 : Bien que je
n’ai pas couru avec ma coéquipière habituelle j’suis
vraiment contente de ma course ! 25.41km/h c’est plutôt
pas mal je trouve.
Et le mieux, c’es le soir quand on
passe sous la douche d’une chambre d’hôtes à la
décoration digne de Marie Claire Maison. Les douleurs
s’estompent. On repense à l’aventure, on raconte les
cotes, les encouragements. Les Bretons sont forts en organisation,
alors le soir nous avions des crêpes « grosses
saucisses, purée de pomme/oignon ». Un vrai délice.
On les mange en regardant le FestNoz. On a bien envie d’aller
danser mais les jambes ne répondent plus….. Et on pense aux
pros qui vont courir demain. La météo s’annonce
dégueulasse, les pauvres. Nous on rentrera, on les admirera
sur les photos.
Bref une belle course, un bon WE. Mais
ne vous inquiéter pas j’vais rapidement commencer à
faire de la pub pour que l’année prochaine il y ai plus de
Z4 au goelo…. Vous ne le regretterez pas
J’attends la course où l’on
sera toutes les 2 formes…… parce que ce jour là, ça
devrait faire mal.
Une petite pensée pour nos
acolytes de l’année passée : ils n’ont pas
raboté les cotes !!!!
Nucourt et Wenings sont jumelés
et vivent une véritable amitié depuis plus de 40 ans.
Tous les deux ans une équipe composées d’Allemands et
de Français se lance sur les routes des deux pays pour un raid
cycliste d’environ 700 km (distance qui sépare nos deux
villages). Je rêvais de le faire depuis le premier et cette
année pour le 20ème anniversaire je suis
enfin libre de partir.
Préparé depuis plusieurs
mois, notre périple nous emmènera sur les routes
bretonnes et normandes en 6 jours.
Nous nous retrouvons donc dimanche 13
mai à Trébeurden avec vélos et bagages pour le
départ lundi. Nous sommes 17 en tout : 8 Allemands et 9
Français et 3 véhicules d’accompagnement, 3 cyclistes
nous rejoindrons en fin de semaine, pour des raisons personnelles ils
ne peuvent faire tout le parcours.
Lundi : Trébeurden / Saint Brieuc
C’est mon premier raid et je stresse
un peu mais le moral est bon malgré la pluie fine au moment du
départ, heureusement cela ne dure pas mais le ciel reste
gris. Nous longeons le littoral ; la Côte de granit rose
est très belle même sans le soleil. Nous rendons une
petite visite un couple d’ancien Nucourtois qui avait participé
au jumelage ; Tant pour les Français que pour les
Allemands il y a un réel plaisir à se retrouver.
Parcours assez vallonné mais ça passe bien. Nous
passons au Goëlo, j’ai une pensée pour les copains qui
seront là dans quelques jours avec leurs rollers ; puis
c’est l’arrivée à Saint Brieuc après 137 km
sur la selle (oui, oui c’est ce qui fait le plus mal).
Mardi : Saint Brieuc / Saint Malo
Prévisions météo
exécrables, même scénario qu’hier au départ.
Visite à l’Abbaye de Beauport, à Fort Lalatte, au Cap
Frehel et à Saint Cast. A Erqui nous attendons un véhicule
qui s’est perdu. La côte est belle mais le parcours est une
succession de montées et de descentes, dur ! dur !
En chemin nous rencontrons une jeune Canadienne qui visite l’Europe
de l’ouest en… vélo, elle va jusqu'à Saint Malo et
fera route avec nous. Lors d’un arrêt à Matignon (oui,
oui c’est vrai) nous sommes contacté par une journaliste de
Ouest-France qui veut faire un article sur notre épopée
(arrivé à Nucourt nous aurons cette article). A 30 km
de l’arrivée la pluie se met a tomber, de plus j’ai perdu
le groupe, mais j’ai encore la voiture d’accompagnement pour moi
tout seul. Il pleut de plus en plus froid. Je suis trempé mais
je ne veux pas arrêter. Nous nous retrouvons à Dinard,
encore quelques kilomètres et nous arrivons à Saint
Malo ; Hélas pour nous le pont est ouvert pour le passage
d’un cargo qui sort du port. Nous attendons trempés dans la
pluie et le vent passionné par le spectacle de ce navire
manœuvré par 2 remorqueurs. 135 km assez pénible a
cause de la pluie, des côtes, du mal aux fesses etc. Après
le réconfort d’une douche et avant de dîner nous
faisons le tour des remparts. Rébecca, mais oui notre
canadienne, est avec nous, nous avons décidé, a
l’unanimité, de lui offrir le repas et la nuit à
l’hôtel, cela la change de … sa tente de camping (j’ai
failli dire canadienne). Ce soir c’est l’anniversaire de Hartmut
et il soufflera ses bougies au milieu des chants et des rires.
Mercredi : Saint Malo / Mont Saint Michel
Le temps restera sec toute la journée
mais couvert avec quelques éclaircies et, comme depuis lundi,
le fort vent d’ouest, donc dans notre dos, nous pousse ; C’est
le point positif de cette météo douteuse. Passage à
la Pointe du Groin et à Cancale pour une dégustation
d’huîtres, nos amis Allemand goûtent, après
hésitation, et apprécient. La parcours est assez
vallonné jusque à Cancale ensuite c’est tout plat. A
midi nous faisons un détour par Dol de Bretagne, nous sommes
invité par la belle-mère de Alain, pour un repas
typique de galettes (faites devant nous), saucisses, cidres et far
breton dans une ambiance des plus joyeuses. L’après midi
nous perdons le groupe de tête, qui fera plusieurs km
supplémentaires avant de nous rejoindre peu avant l’hôtel.
L’étape était courte : 82 km et nous avons du
temps pour aller visiter le Mont d’abord de jour puis de nuit.
Visiter ce site après quelques centaines de kilomètres
…dur, dur.
Jeudi : Mont Saint Michel / La Ferté
Macé
Le temps est gris, l’étape
étant courte, 92 km prévu, le départ est retardé
à 9 heure 30. Nous partons vers le Mont en vélo pour
faire une photo, mais hélas il reste désespérément
caché par un épais brouillard. Au moment de revenir ce
dernier se transforme en crachin qui nous trempe jusqu’au os,
heureusement le vent est toujours derrière nous. A midi petit
miracle (non la pluie ne s’est pas arrêter) nous trouvons un
préau bien abrité du vent et de la pluie avec vue sur
un lac où évolue un couple de cygne, c’est
fantastique ! le pique nique avec champagne (allemand) et kouing
amann se passe au sec. Dans l’après midi la pluie cesse
enfin et nous ferons les derniers kilomètres sur route sèche.
Nous avons fait 112 km. Après la douche nous allons visiter
Bagnoles de l’Orne et nous retrouver devant un verre de bière
à la santé de Reinold (un Allemand qui a participé
plusieurs fois). Le soir nos amis allemand offrent à chacun
un T shirt avec une photo du groupe puis nous regardons un photo
reportage du dernier raid. Cette étape sans grande difficulté
a été assez pénible à cause de la pluie,
mais le bain chaud semble avoir remis de l’ordre dans mes muscles
mais pas dans ma gorge qui me pique.
Vendredi : La Ferté Macé /
Evreux
Etape la plus longue prévue,
donc un peu de stress au départ. Depuis hier cet entraînement
porte ses fruits et ce matin je n’ai presque plus mal nul part. Il
ne pleut pas, mais il y a du brouillard ; serait-ce un signe de
beau temps ? Visite au château de Carouges : il est
encore fermé, nous faisons quelques photos et repartons. Le
terrain est un peu vallonné au début puis presque plat.
Alors que nous roulons le peloton de tête fait une rencontre
inattendue : un essaim d’abeilles, résultat le moitié
du groupe se retrouve avec une ou deux piqûres, principalement
à la tête, sous le casque. Pique-nique à Moulin
la Marche avec quelques gouttes d’eau puis (presque) le soleil pour
repartir. Dans l’après midi nous décidons un arrêt
pour nous relaxer dans cette longue étape ; C’est à
Damville sous le superbe kiosque à musique un bar a installé
quelques tables et chaises. Nous nous installons et commandons et
surprise en même temps que nos consommations on nous apporte
des assiettes de petits canapés au jambon et des petites
saucisses. Le patron du bar a vécu en Allemagne et est
passionné de cyclisme. Soudain un inconnu nous aborde :
c’est un journaliste locale que notre périple intéresse
pour son journal, nous ferons une photo devant le bar (un peu de
publicité, c’est bien normal). Il est curieux que nous ayons
été contacté durant ce raid par 2 journalistes
alors que cela ne s’était jamais produit en 20 ans. Arrivée
à Evreux sous le soleil (enfin), la route a été
longue, 158 km, mais tout va bien, j’ai eu du plaisir a rouler
aujourd’hui. Le soir plusieurs personnes, dont les trois cyclistes,
nous ont rejoint . C’est notre dernière soirée
ensemble et nous sommes par table ronde de 8 personnes, au milieu du
repas nous éprouvons le besoin d’être ensemble et nous
nous regroupons autour d’une même table. Nous finirons le
repas au milieu des rires et des chants, en français et en
allemand, tassés autour d’une table devenue trop petite,
c’est la fête avec une pointe de nostalgie.
Samedi : Evreux / Nucourt
Dernière étape, là
pas trop de surprise nous connaissons le relief et les quelques
belles côtes en perspective. Le temps est légèrement
couvert mais très vite le soleil se lève. Ce matin
c’est la forme pas de stress juste un peu d’inquiétude :
la crevaison , la chute etc. La montée au Château
Gaillard au Andelys ne me pose (presque) pas de problème, vite
oubliée tant la vue est magnifique. Le pique-nique de midi est
à la Roche Guillon sur les bord de la Seine ; Nous sommes
en avance et nous prenons le temps de la « bronzette »
et dégustons calmement notre schnaps. Nous repartons pour les
40 derniers kilomètres en passant par Vetheuil, Villarceau, le
moulin de Fourges et Magny en Vexin. Nous nous arrêtons le
temps d’enfiler la « tenue réglementaire »
et c’est la montée vers Nucourt, point final de notre
périple. Aujourd’hui 110 km. Nous avons donc parcouru 734 km
depuis lundi. Je suis fatigué, j’ai les muscles endoloris
mais je suis heureux, j’ai réussi mon challenge, le roller
mène à tous même à ça. Le soir
c’est la fête et je trouverais encore assez d’énergie
pour danser. Demain c’est le départ de nos compagnons
allemand. Dans deux ans se sera en Allemagne, j’y serai …
Je suis très loin de vous tous, mais je pense à vous (surtout quand
je suis sur mes rollers), pistes cyclabes super, automne aux couleurs
merveilleuses, tout plus beau que dans les livres. Maintenant que vous
allez dormir, moi je vais "magasiner" à Montréal, et aujourd'hui j'ai
quitté mes "gougounes"... il gelait ce matin
Finalement, nous partons à 6 faire la one-eleven : 4 Zone 4
(Robert, Dominique, Christine et Philippe) et 2 assimilés,
Philippe Dalmas et Georges Chauveau. La moitié de
l'équipe Zone 4 Vermeille du Mans a donc répondu
présent à l'appel! Courageusement Christine a
relevé le défi.
Après
de multiples tergiversations, les locations de voiture étant
trop chères ou trop incertaines, nous partons avec 2
véhicules perso. Samedi
6h15 pétantes, je sors de mon parking souterrain pour me
retrouver face aux voitures de Christine et Robert. Cela commence bien,
nous sonnes dans les temps! Ensuite
direction Neuilly Plaisance où nous arrivons vers 7h00,
conformément à la programmation GPS de Robert.
C'est tout juste si nous ne réveillons pas Georges! Enfin
non, car Philippe l'a déjà fait. A force
d'utiliser les toilettes et de s'extasier devant le vieux
téléphone de Georges, nous avons bien
sûr réveillé toute la maison.
Deuxième départ donc vers 7h30, direction St Gall. La
voiture de tête, et qui le restera pratiquement tout le
temps, est pilotée par Robert, assisté de deux
supporters, Christine et Georges. La voiture balais est conduite
à tour de rôle par Dominique et les deux Philippe.
Robert
a mis le turbo et je peine à le suivre sur l'autoroute. Il
faut dire que j'ai réglé le régulateur
de vitesse à 130 km/h. Je connais encore mal mon Robert! Heureusement,
il y a les téléphones portables pour organiser
les arrêts pipi et restauration. Le premier rendez-vous est
d'ailleurs plutôt raté : on s'est mis d'accord sur
la station, mais pas le lieu : pendant que les voyageurs de la 206 nous
attendent à la station service, nous nous dirigeons,
conformément à mes habitudes, vers le resto. Bon
nouvel appel et on finit par prendre le café et le reste
ensemble.
Malgré
mes différents rappels, l'arrêt de midi a lieu
à 13 heures. Nos rallymen- women n'ont pas l'air de savoir
ce que c'est que la faim... et la nécessité de
remplir les muscles de glycogène. Enfin, après
quelques hésitations, späztli pour tout le monde.
Il faut dire que nous nous sommes arrêtés au
Relais Alsacien!
Après
une traversée agréable de Bâle (au
moins 15 mn en embouteillage dans un tunnel), nous roulons en Suisse,
le pare-brise décoré d'un joli autocollant nous
autorisant à circuler sur les autoroutes suisses jusqu'au 31
décembre 2006, mais j'espère bien avoir fini la
One Eleven d'ici là ! Une
fois encore, le GPS de Robert fonctionne à merveille et nous
amène au hall des sports-inscriptions-point de
vente-restaurant-dortoir-départ-arrivée-(douche)
de la One Eleven. En
vieux briscard Robert nous emmène au fond du dortoir,
où c'est le plus calme.
Après
notre pasta partie, petite promenade dans les rues calmes de St Gall:
c'est manifestement la fête de la bière. Nous
résistons tant bien que mal aux effluves de saucisses
grillées (bratwurst, pour faire local), bière...
ainsi qu'aux jeunes élégantes suisses : les avis
sont partagés...
Retour
sage donc à nos paillasses. A chacun sa méthode
pour dormir : boules quiès, aspirine, tête sous
l'oreiller...J'entends soudain une sonorité connue : mon
portable, que j'ai oublié d'arrêter. J'ai un peu
de mal à le retrouver. Il est bien entendu au fond de la
pochette, elle même au fond du sac à course (les
sacs qui remplacent ceux en polyéthylène et
vendus pour 0,15 Euros). Je ne sais pas si vous avez
déjà remarqué comme ils crissent
agréablement à l'oreille! Dans un grand dortoir,
c'est magnifique ! Bref je récupère mon portable
qui a eu le temps d'atteindre la boîte vocale et avant que je
l'arrête, signal de réception d'un
SMS...d'encouragement pour la course. Merci Boris!
Tant
bien que mal le sommeil nous rattrape... et bien vite le
réveil aussi. "Debout" à 5 heures pour
poursuivre, pour ceux qui le souhaitent, la pasta partie. Tout compte
fait je préfère un quart de mon gatosport et
quelques céréales. On va avoir besoin de sucres
lents ! Le
jour commence à se lever, ce qui nous permet d'admirer le
temps qui nous attend : bien gris, sol mouillé. A priori la
canicule est bel et bien terminée, en Suisse aussi. Ceux qui
craignaient la chaleur peuvent être rassurés. Ce
n'est pas aujourd'hui qu'on va vider le tube de crème
solaire. Il va plutôt falloir utiliser les pneus pluie.
Allez,
il est temps de bichonner la machine. Chacun sa méthode pour
les pieds : cela va de la chevillère renforcée,
en passant par l'élastoplaste, les compeed, la seconde peau,
et j'en oublie certainement. Pour le reste, les odeurs de pommade
emplissent le dortoir.
6h45,
(très) petit échauffement : plus pour ne pas
avoir froid que pour préparer les muscles. De toute
façon, on a prévu de partir plutôt
"lentement". Mais, pas d'impasse sur les étirements.
6h59'45",
le speaker annonce départ dans 15 secondes et commence le
compte à rebours. L'horlogerie suisse a encore
frappé!
7h00'00"
coup de pistolet, et ça part ! Plus vite que ce que je
pensais! Il faut dire que les premiers 500m sont en descente. J'aurai
peut-être du m'échauffer plus!
On
a décidé de partir tous les 4 (Georges, Robert,
Philippe D et moi). Il y du monde, cela se bouscule un peu, mais
j'arrive à suivre Robert et Georges. On a
déjà perdu Ph D, mais il nous rattrapera plus
tard. Cela roule vite et ça glisse. L'eau sur le marquage au
sol, un vrai plaisir! Mais il ne faut pas traîner, et il faut
faire attention : les pelotons sont importants. Avec un peu de chance,
nous évitons deux grosses chutes: j'applique avec soin une
des premières règles du roulage en
peloton : regarder plusieurs coureurs en avant. Ainsi cela
permet d'anticiper les mouvements suspects. On arrive ainsi rapidement
au 26 ième km, avec sa descente dangereuse. Elle est
couverte sur la moitié de sa largeur d'une belle moquette
verte du plus bel effet. La route étant mouillée,
on choisit la moquette. Cela ralentit bien. On peut même
freiner la-dessus! En freinant en T, on sent l'eau qui sort de la
moquette et celle-ci glisser sur la route. Une expérience
enrichissante!
Tiens,
30 km, premier ravitaillement. Au menu banane, barre de
céréales, eau, Rivella, et un truc qui ressemble
à du cidre. J'en prendrai une fois, pas terrible ! Parfois
un garçon de café nous accompagne pendant
quelques mètres avec un plateau pour que nous puissions
faire notre marché. C'est toujours globalement descendant,
et l'allure ne ralentit pas, loin de là ! Avec Georges et
Robert on se faufile au sein de différents groupes. Une
petite douleur à la fesse gauche : mon nerf sciatique semble
vouloir protester, mais il se taira heureusement bien vite.
Déjà des points de frottement aux pieds,
malgré les protections. Ces bobos là
m'accompagneront jusqu'à la fin !
Les
bornes kilométriques défilent, les pancartes
indiquant les dizaines de km défilent également,
mais curieusement moins rapidement.
40
km, on approche de la distance d'un marathon : on roule toujours vite.
50
km, tiens c'est la première fois que je roule aussi
longtemps sans m'arrêter. Les jambes tiennent le coup. Je me
sens en forme et j'avale les petites montées sans
problème, apparemment mieux même que mes
compagnons de sortie. Philippe D nous a rejoint.
55
km. Robert me fait signe qu'il a des difficultés et commence
à décrocher. Nous revenons deux fois sur notre
groupe. Dans une montée, il me demande de partir, ce que je
fais avec regret. Je me lance à la poursuite du groupe
emmené par Georges. Après quelques
kilomètres je les rejoins, mais Georges en a
profité pour prendre le large. Nous roulons Philippe et moi
pendant plusieurs kilomètres, puis nous nous faisons
rattraper par un groupe de 5 ou 6 personnes. En fait je vais rouler
avec eux pendant une quarantaine de kilomètres. Philippe D
n'a pas accroché le groupe.
Vers
le 60ième km je croise Christine qui est
déjà sur le retour. On
approche le point de retour, situé à environ 65
km. J'ai beaucoup bu depuis le début de la course : non
seulement une partie de ma propre gourde, contenant un
mélange de sucres lents et rapides, mais aussi les boissons
proposées par l'organisation tous les 7 ou 8 km depuis le km
28. Bref je commence à avoir envie d'uriner. Ceci me pause
un gros problème : soit je m'arrête et je perds le
groupe qui roule bien et dans lequel je me sens à l'aise et
souvent à l'abri, soit je continue mais avec un
gêne...certaine. Dans le premier cas je doute que je puisse
revenir dans le groupe. Cette alternative va me hanter pendant un
vingtaine de kilomètres. Je finirai par choisir une
troisième solution. Je me laisse glisser à la fin
du peloton, vérifie que les poursuivants ne sont pas trop
près et ...je vous laisse deviner la suite !
Mais
revenons à la course. Vers le km 70, il met à
pleuvoir. Au point où on en est, on ne va pas
s'arrêter pour si peu ! Le
groupe a ralenti son allure, mais partir seul devant ne me
paraît pas raisonnable; je monte et descend plus vite qu'eux,
mais sur le plat, ils me rattrapent. Alors je reste dans le groupe.
Km
80; tiens une douleur à la cuisse droite! C'est une vieille
connaissance qui date de mon adolescence : un claquage,
résultat d'entraînement de sprints à
une époque où les étirements n'avaient
pas atteint les clubs d'athlétisme de province. Cela faisait
au moins trente ans que je ne l'avais pas ressenti! Finalement, la
douleur disparaîtra comme elle est venue, sans crier gare.
Km
90. Plus que 21 km, soit la distance de notre dernier
téléthon. Je commence à être
certain de finir. Nous nous faisons rattraper par un groupe. Pas
d'hésitation, je m'y intègre. C'est plus rapide
je dois faire quelques efforts, mais cela finit par aller. La route
continue à monter, mais pas trop fort. Tiens un panneau
indicateur St Gall 15 km. Je me méfie un peu car je me doute
bien qu'on ne va pas prendre le chemin le plus court!
On
continue à rouler, on traverse des villages en
fête, mais toujours pas de panneau 100 km... Le temps passe,
je commence à me dire que je vais dépasser les 5
heures. Que ces 10 km paraissent longs; je n'en vois pas la fin. Puis
tout à coup, sur la droite, un panneau jaune "Noch 5 km" ! Waouh!
Plus que 5 km ! Je n'ai pas vu le panneau 100 km! Les germanophones
constateront que ma traduction est toute personnelle (pour les autres,
noch signifie 'encore' ! ). Ce panneau m'a complètement
électrisé. Je suis sûr maintenant de
terminer. 5 km, en montée, c'est comme Cergy
Préfecture-Cergy le Haut! Ca baigne, je suis en terrain de
connaissance !
Ces
5 derniers km, je ne les ai pas sentis! Le revêtement
était bon, bien qu'un peu glissant. Si je ne
m'étais pas retenu, je serai parti à fond. Mais
je suis sagement resté dans le groupe. On remonte encore
quelques concurrents. On en dépasse un allongé
par terre, immobile. J'hésite, mais n'étant pas
secouriste, ma présence ne servirait à rien.
1
km. On a tous accéléré; c'est presque
plat !
0,5
km. Toujours vite! Sur les derniers 100 m, on est 3 ou 4 de front, puis
c'est l'arrivée ! J'entends mon nom en passant la ligne ! Un
vrai plaisir! Je mets quelques temps à m'arrêter
et je rejoins Christine, Georges et Dominique
déjà arrivés. Il
fait froid, on va se mettre à l'abri. Vite une chaise et je
retire mes patins. Un moment de pur plaisir! Philippe
arrive. Il a souffert des adducteurs, ce qui l'a
empêché de rouler correctement pendant les 40
derniers km. On commence à démonter les rollers,
mais Robert n'est pas encore arrivé. On commence
à s'inquiéter, puis Robert arrive : il a eu un
coup de barre vers le km 60 et il a roulé
pratiquement tout seul tout le temps. On
peut commencer sérieusement à nettoyer les
roulements: c'est lui qui avait le produit miracle ! Ensuite,
on nettoie tranquillement les rollers, Philippe D prend sa douche, mais
ce sera le seul à avoir le courage d'affronter le Karcher
dehors sous la tente.
Tout
à notre satisfaction d'avoir terminé, nous avons
égoïstement ignoré la remise des prix.
Mal nous en a pris : Christine finit 5 ième de sa
catégorie, et les 5 premières avaient droit au
podium ! Le
mal est partiellement réparé: elle repart avec
... une montre suisse!
Compte
tenu des calories dépensées (environ 5000 kcal)
on n'hésite pas : une pizza avant de partir! Puis
c'est le départ. Robert roule sagement derrière
en Suisse. On essaie de le semer en prenant au dernier moment
une sortie vers l'Allemagne pour éviter Bâle. Mais
notre Gordiniste s'accroche! Le
crochet par l'Allemagne est à recommander : il
évite les bouchons de Bâle, tout en augmentant
à peine la distance. Et cela permet de rouler à
fond sur l'autoroute allemande... souvent limitée
à 110 km/h et même 10 km/h... à cause
de travaux!
Dès
la frontière passée, nous reprenons nos habitudes
: Robert devant...
Petit
arrêt avant d'atteindre la A6 pour se restaurer. Des
compétiteurs de la banlieue nous rejoignent lorsque nous
avons terminé. Dernier
arrêt avant le péage de la A6 : une voiture vers
l'est de Paris, avec Robert, Georges et Philippe D, l'autre directement
vers Argenteuil et Sartrouville, où nous arrivons sans
encombre vers 23h30.
En
bref, un week end inoubliable, dans une excellente ambiance,
même si nous avons terminé
séparément. Pour ma part, j'ai
été surpris par la "facilité" avec
laquelle mon corps a supporté l'épreuve : jamais
dans le rouge, pas de coup de barre. Je finis les jambes lourdes, bien
sûr, mais pas de crampe, pas mal dans le dos (mais ce sera le
lendemain!). Une seule blessure à un pied, et les
malléoles en bon état !